Cet article analyse la contribution des populations immigrées à l'entrepreneuriat au Gabon et les facteurs expliquant leur forte présence dans la création d'entreprise. À partir des données du RGE (2023) et de l’OIM (2023), l’étude utilise une méthodologie quantitative reposant sur l’analyse de corrélation, la régression linéaire et l’examen des résidus pour examiner la relation entre poids migratoire et implication entrepreneuriale. Les résultats montrent une corrélation nettement positive (r = 0,83), confirmant que l’entrepreneuriat constitue souvent une réponse aux difficultés d’accès à l’emploi formel. L’analyse révèle également des écarts significatifs entre nationalités: les communautés d’Afrique de l’Ouest sont surreprésentées, tandis que celles d’Afrique centrale le sont moins, en raison de trajectoires marchandes et institutionnelles différenciées. Sur le plan théorique, l’article contribue à articuler le modèle de l’entrepreneuriat de nécessité avec les approches du capital social et de l’embeddedness mixte, en démontrant comment le cadre institutionnel gabonais, marqué par la segmentation du marché du travail et la valorisation du salariat public, crée des niches d’opportunités que les migrants exploitent grâce à leurs ressources communautaires et leurs héritages historiques. L’étude montre ainsi que l’entrepreneuriat au Gabon est largement porté par les étrangers et structuré par des conditions institutionnelles qui renforcent leur avantage comparatif.